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mardi 26 novembre 2019

6 - "Enseignement" sans "Éducation"


Ainsi donc, non seulement ils (nos parents) ont vécu les faits marquants de « l’indépendance », mais aussi les débuts du règne de l’après indépendance, époque d’ailleurs qui a marqué profondément et conditionné le futur du Maroc !
     Époque où la nationalisation battait son plein et ouvrait la porte grande ouverte à des cadres nationaux pour remplacer les fonctionnaires étrangers dans les administrations publiques et semi-publiques. Il s’en est suivi une certaine vulgarisation chez le peuple à envoyer les enfants, garçons et filles cette fois-ci à l’école, du moins dans les milieux urbains, tellement l’événement paraissait ouvrir des horizons meilleurs pour leur avenir. Un avenir meilleur en tout cas que le leur. 
     A leurs yeux, aller donc à l’école et faire des études semblait être –légitimement mais naïvement- un moyen pour briguer des positions sociales aussi distinguées que les diplômes obtenus seraient élevés. D’où la préoccupation majeure de réussir et d’avancer dans les études proprement dites, aussi loin que les capacités intellectuelles des enfants le permettent et aussi longtemps que les moyens des parents le favorisent. 
    D’un autre coté, l’enseignement dans le publique se limitait uniquement aux programmes proprement dits. Et c’est encore heureux si l’on pratiquait les quelques heures de sport, ou si on organisait des excursions ou sorties. Sans bibliothèque sinon pour vous louer des livres rattachés aux programmes et encore quand ils étaient disponibles, et sans moyens aussi pour les activités d’animation culturelle de tout genre qui accompagnent généralement les études. Des activités dont on connaît le caractère divertissant certes, mais qui développent chez les participants le sens de l’imagination et de la créativité, de l’organisation et de la responsabilité. Enfin des  tâches qui mettent en exergue, à la longue, des penchants vers tel ou tel discipline, tel ou tel art, tel ou tel sport et donc aident les élèves non seulement à s’orienter mais à se connaître eux même. En somme, faute d'un système d’orientation bien emménagé et structuré au niveau des écoles, nous avons suivi nos parcours scolaires et secondaires en ligne droite, se limitant tout simplement à ce que la localité, la province ou la région offrait comme possibilités. A titre d'exemple, j'aurais pu faire sciences maths et préparer un baccalauréat plus côté (bac. A ou B) mais là où on était nés, mes semblables et moi, on ne pouvait faire mieux qu’un Bac. Sciences Ex. (Sciences expérimentales), faute de moyens personnels (familiales) et d'opportunités ou d'aides qui seraient offertes par l'Etat (dans le cas où celui-ci aurait pensé à investir dans son capital humain naissant).
     Bien sur, j’exagère si je renie des essais tentés par moment ou surtout à l’occasion de fêtes nationales lorsque non seulement les écoles mais tout le pays se mobilisaient. Mais des essais qui demeuraient à longueur de l’année timides tant ils affrontaient de sérieux problèmes de budget entre autres. De ce fait, élèves que nous étions, scientifiques ou littéraires, nous nous faisions concurrence les uns les autres sur les exercices de cours pendant les temps libres pour bien se préparer aux examens. 
Moralité: nous avons développé dans nos lycées, des qualités intellectuelles aux dépens des qualités morales. Du moins chez ma génération. 
    En gros, nos écoles en général, dispensaient l’ «Enseignement» tout court, sans «Éducation». 
    C’est le cas de le dire.



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