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Il était une fois un chômeur dans le "pays des chômeurs" je veux dire des "achômés" ! voilà une expression qui pourrait enrichir la francophonie puisque le mot correspondant du terme « moâttal » en arabe ou en marocain et qui veut dire « mis au chômage » ou « mis en panne » n’existe pas en français en un seul mot. Alors le terme « achômé » peut faire l’affaire en un mot non-composé qui sous-entend au chômage malgré lui ! ».
On l’a rendu chômeur !

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dimanche 7 novembre 2021

19 - La persistance des problèmes sociaux entre « le Makhzen », « les poches de résistance » et « les goblins et crocodiles »

        Une machine démoniaque en fait qui, par sa force de résistance et l’efficacité dans la besogne réussie par une harmonisation parfaite de son engrenage apparement bien huilé, nous contraint en fin de compte à désespérer et à attribuer à la source de nos malheurs une intelligence même. Comme si le génie marocain était invalide. Incapable de relever le défit, son élite intellectuelle et politique, dans la majorité se sombrant dans des observations et des analyses, voire des oppositions dites constructives pour les premiers ; des utopies de changer depuis l’intérieur de la mécanique en jouant le jeu de la démocratie pour les seconds. Entre des conformistes qui profitent de la rente et des réformistes soi-disant gauchistes qui n’attendent que leur tour, le terrain est vide. On aurait dit désertique s’il n’y avait pas de temps en temp, des mouvements protestataires estudiantins, syndicalistes ou associatifs, de différentes idéologies, où on compterait plus de membres de forces de « l’ordre » que de manifestants d’ailleurs. 

           Pourtant l’aspect le plus remarquable de cette « intelligence» ne peut-être à mon sens, que ce que les marocains connaissent déjà parce qu’ils lui ont toujours donné un nom: Le «Makhzen». Notion qui jadis, sous entendait uniquement le pouvoir avec ses moyens autoritaires archaïques, nés essentiellement de la gestion des stocks de vivres et de logistique, mais modernisés et rendus plus efficaces par la présence coloniale (de 1918 à 1956) parce qu’elle y trouvait son compte, s’est vu le sens bien évolué et transformé même, en ce Maroc d’aujourd’hui. Terme qui ne pouvait être cité que dans les coulisses publiques auparavant, allait être, à travers les dernières décennies, banalisé par le langage populaire, tant que la manière d’agir du «Makhzen» se manifestait peu à peu et au grand jour, dans divers aspects de la vie des citoyens dans leur relation avec l’Administration en général. Ainsi, avec « Dar el Makhzen » on signifie le palais royal d’où il gouverne, « s’asseoir à la table du Makhzen » désigne les assises au tribunal, « convoqué par le Makhzen » fait allusion au commissariat de police, avec « porter plainte contre le Makhzen » on insinue se confronter à l’État, ou encore « avoir l’autorisation du Makhzen » qui renvoie à l’administration préfectorale ou communale. A partir de cette dernière on réalise le spectre de cette ombre qui va dans sa qualification, au-delà de l’autorité centrale mais qui affecte même des institutions modernistes à visée démocratique créées par le colonisateur : les « Communes ». Dans le jargon populaire on attribuera le terme « Makhzen » même à ces arrondissements par abus du langage on dirait a priori ! Mais l’on se rend à l’évidence lorsqu’on sait que, d’un côté, les chefs de telles municipalités sont plutôt des représentant de l’État, des « caids » ou « pachas », et nullement des représentants du peuple, et de l’autre, les maires une fois élus sont confortés dans leur poste à leur tour par décret ou « Dahir » royal. Tellement, l’aspect tentaculaire du « Makhzen » couvre par son ombre tout. Absolument tout et à tous les niveaux. 

« Le Makhzen » cette entité, ce concept ou ce « ? » dont je ne trouve une meilleure approche descriptive que dans les propos du professeur Ahmed Bennani, un des rares intellectuels marocains qui a choisi de vivre plutôt exilé à Lausanne en Suisse jusqu’à sa mort en 2016 :

« « Le Makhzen », c’est le siège du pouvoir et de toutes ses traditions.. une institution très difficile à définir dans sa complexité et son historicité ..et qui incarne l’autorité absolue non seulement au sens politique du terme mais aussi au sens des traditions qui ravagent, qui freinent et qui ankylosent la société marocaine. C’est à la fois quelque chose de concret, définissable et visible; et quelque chose de parfaitement imperméable, impénétrable et mystérieux. Un ensemble de rites, de conspirations et de combines .. En définitive, quelque chose de plus important que son chef incarné par le monarque. C’est une tumeur qui diffuse des métastases tueuses de l’espérance et de la modernité.. Il est exécrable !.. c’est le lieu où se définissent les formes de terreur et de re- traditionalisation de la société .. Un pouvoir tentaculaire avec un rouage dont la communication est disséminée par une administration occulte qui n’a pas de statut légal ni de budget fixe. ! » (Propos recueillis à partir d’un de ses entretiens disponibles sur Internet)

    Et en diverses circonstances malencontreuses de la vie quotidienne des Marocains, ni les emprisonnements de militants dans les domaines des Droits humains, bien résolus à le montrer du doigt, ni la censure de publications de journalistes honnêtement engagés, ne pouvaient empêcher de le critiquer directement. Des reproches qui allaient être reprises ouvertement et systématiquement par la suite, tantôt par des agents d’autorités bien avisés eux même et des responsables politiques et honnêtes, tantôt par la société civile et la presse en générale. Le pouvoir, en tirant son épingle de la pâte en ces temps de mondialisation et d’ouverture – et de pressions des instances internationales des Droits de l’Homme entre autres-  et en essayant de se redorer le blason, a démontré un laisser-faire des plus remarquables et sans précédent, il faut bien le dire vers la fin de la décennie 90 et pour cause !  Et donc de ce fait le «Makhzen» devait prendre bel et bien, dans la culture générale, une nouvelle signification. Une acception qui ne reflète plus que cette mentalité inflexible, tenace et qui s’avère manifestement insensible à tout changement. Une mentalité prétexte-t-on qui subsisterait encore à tous les niveaux de la vie administrative, culturelle, politique et sociale, et à commencer par le simple préposé aux plus hautes sphères de l’autorité.

     «Des poches de résistance» comme l’avait dénoncé un premier ministre socialiste, ou plutôt «Unioniste» - relativement au nom de son parti bien connu commencant par l’ «Union … » et comme on appelle en général un militant de ce parti- Abderrahman youssoufi qui, apparemment, était contrarié dans l’application du programme de sa majorité parlementaire. Majorité elle même, constituée péniblement d’ailleurs après moult tractations.

           Au fait en 1998 l’opposition traditionnelle allait accéder à jouer le rôle de l’Exécutif après un consensus préalable initié par le palais et examiné par les divers et nombreux partis politiques organisés en deux grands groupements.  

La «coutla», rassemblant les partis qu’on dit démocratiques, le «wifak», autre groupement de partis dit –défavorablement bien entendu- administratifs (relativement à l’Administration qui les auraient crées en un certain temps et les aurait fait gagner aux élections). L’interlocuteur intermédiaire entre toutes les parties n’était autre que le fameux ministre de l’intérieure Driss Basri, celui qui dirigeait -«la mère des ministères!» ironiquement appelée!- . Bien sur un compromis préalable et officiel, selon quoi, après des amendements constitutionnels soumis au referendum, on allait entamer une nouvelle ère au Maroc, à commencer par l’organisation d’élections libres et non manipulées par l’Administration. En résumé, on projetait en bref et à toute allure de faire comme les démocraties traditionnelles mondiales pour pratiquer, en utilisant ces deux pôles, le principe de l’ «alternance» pour gouverner. Ainsi, une fois le gouvernement, de gauche disait-on, en place, on brandissait à corps et à cris que le pays allait bien décoller à tous les niveaux parce qu’on prétendait vivre déjà la période dite de «transition à la démocratie».

Pour la petite histoire à ce titre, et au début de cette expérience d’une nouvelle gestion politique qui donnait de l’espoir au peuple démuni, je devrais accompagner à Rabat au siège du ministère de l’agriculture, un ami diplômé technicien agricole, qui détenait une recommandation du prince héritier de l’époque, une lettre écrite aux services concernés, pour lui porter assistance et l’embaucher. Il faut rappeler qu’il était de coutume que les jeunes en détresse, en ces temps difficiles, et comme dernier recours, écrivaient au jeune prince héritier qui semblait compatir avec sa génération, ou à défaut se rendaient sur le chemin de ses passages aux alentours de sa résidence pour lui donner leurs doléances. La plupart du temps, ils recevaient ce type de lettres à la suite desquelles, ils sentaient la fin de la galère et restaient confiant le temps d’un traitement administratif et d’une bureaucratie. Mais, à notre grande surprise, le fonctionnaire nous ayant reçus, après nous avoir montré un panier de lettres similaires, où nous avons déposé la nôtre, nous a assuré que c’était révolu l’époque des recommandations venant du prince soient-elles et que bel et bien tous les demandeurs d’emploi allaient être traités sur le même pied d’égalité !

Grande illusion! Que nous Marocains allions croire jusqu’au bout sauf que les problèmes ont demeuré et que même l’approche utilisée auparavant pour traiter les problèmes sociaux est resté inchangée. Jusqu’au moment où je parle.

    Ou plutard, « des Gobelins et crocodiles », termes repris par celui qui allait jouer le rôle depuis 2011, après 10 ans de règne du nouveau roi, du premier ministre Abdelilah Benkirane d’idéologie islamiste cette fois-ci à la suite du changement de la constitution imposé par le mouvement du « 20 février » ,conséquence immédiate de la propagation du phénomène appelé « printemps arabe » qui avait débuté en Tunisie.

     « Poches de résistance » ou encore « goblins et crocodiles » en attendant de meilleures appellations dans le futur, des êtres métaphoriques que ni l’un ni l’autre n’a osé nommer ou désigner par le doigt, disposant de la garantie offerte par leurs postes comme des chefs de gouvernements devant les instances internationales, quoique le deuxième comparse ait été plus franc manifestant son impuissance à le faire, et donc sa lâcheté politique et allant jusqu’à défier ses adversaires politiques à faire de même.

    Les chroniqueurs de la fin des années 90 se rappellent bien l’oppression, on ne peut plus farouche, de la marche organisée le 26 Octobre 1998 dans la capitale Rabat par l’A.N.D.C.M (Association Nationale des Diplômés au Chômage du Maroc) à l’occasion de son 7ème anniversaire –déjà!- pour signaler la gravité d’un fléau qui existe toujours contrairement aux slogans des discours. On pensait innocemment d’ailleurs que les amis d’hier, les opposants traditionnels qui chevauchaient sur les problèmes sociaux notamment celui du chômage, allaient bien reconnaître officiellement ces mouvements de protestations de chômeurs de tout bord et ouvrir un dialogue une fois au gouvernement du roi. Cependant, ce premier incident «fâcheux» où la matraque une fois de plus disait son dernier mot pour disperser les foules, n’était qu’un signe précurseur en fait, de ce qu’on allait vivre au Maroc. La déception pure et simple. Mais quelle déception ! Surtout lorsqu’elle émane de gens que la masse des citoyens croyait épouser –à tort hélas!- leur cause, et partager leur souffrance et leur aspiration à des lendemains qui chantent.

      Tout compte fait, seuls les exercés en matière politique et les connaisseurs en histoires de partis surtout, savaient à quoi s’attendre.

Une assurance de transition plutôt de règne monarchique.En douceur! Etant donné la « coïncidence » de ces faits politiques historiques avec l’évènement de la mort du roi et l’accession de son prince héritier au trône de ses ancêtres.  

     Et voilà qu’en toute démonstration, on est plutôt en face d’une « intelligence» on ne peut plus redoutable, un esprit même! Car pourvue en plus, d’une capacité d’adaptation remarquable.

 

 

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