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dimanche 5 juillet 2020

15 - Dans les méandres du " souk " de l'emploi

      Mais à l’époque, dés lors que je sortais de mon cercle restreint et de mon univers, j’étais obligé de faire comme les autres. Accordant plus d’attention à moi chômeur de mon Etat, qui, plus est, diplômé d’une université de l’étranger, alors, le regard de pitié adressé normalement en la circonstance, est démultiplié. Un sentiment de compassion, aussi méprisable qu’il soit, n’est pourtant recherché que chez l’individu qu’on croit sauveur. Un intermédiaire par exemple pour un poste. Un « courtier » de ces spécimens qui connaissent bien les méandres du « souk » de l’emploi et ses intrigues, dans les administrations publiques ou semi-publiques essentiellement, et qui voudrait bien consentir de vous accorder ses faveurs. Lors d’une « transaction » spéciale, ou l’argent, pour une fois ne compte pas, du moins seul car non seulement il faut savoir discuter le prix mais séduire le revendeur. Le rassurer en quelque sorte que vous êtes un simple cherche pain, un pauvre type, un malchanceux qui ne peut être qu’heureux d’avoir trouvé son salut, et que néanmoins sa famille ou des gens bienveillants mettent à sa disposition l’argent nécessaire au cas où l'affaire réussirait. Quitte à ouvrir une brèche dans l’enclos du « souk » et à bien l’entretenir par la suite pour servir d’autres clients désorientés ne sachant où donner de la tête, argent en mains !

  C’est le cas de le dire, mais au cours de mon périple dans ce labyrinthe que la masse du peuple est contrainte d’emprunter pour arriver à ses fins faute d’alternatives non encore établies, et qui ne cesse de s’épanouir surtout en période de crise ; combien de mains j’ai failli baiser (failli ! Dieu m’en a gardé. Je n’ai baisé que les mains de mes parents ou proches ayant l’âge de mes grands-parents, ma culture oblige, alors petit !), combien de pots j’ai payés, combien d’imbéciles j’ai suppliés, combien de responsables dont j’ai cru bien attirer la compassion et la sympathie, combien de situations mesquines je me suis trouvé contraint à supporter face à de gens bien placés ou de grands cadres, combien de fois j'ai fait des aller-retours et les guets devant la porte de grosses légumes,.. et combien de promesses j’ai innocemment avalées,..

   Combien de personnes à qui j’ai donné le plaisir de m’accompagner pour rencontrer une personne influente et qui ne le méritaient pas.

  Combien de « Chaouchs » à qui j’ai menti au sujet de mes visites (même à des entreprises soi-disant privées et qui installent leurs gardiens à même les escaliers) pour pouvoir déposer une demande de travail ou avoir l’occasion de parler à un chef.

   Combien de jeunes gens j’avais surpris et étonnés lors de mes déplacements en trains compartimentés, par ma sincérité et ma franchise parlant de mon chômage ! Nos jeunes sont pris dans un piège sans issu : d’un côté, ils ont mal à reconnaître leur situation de sans emploi ayant honte de justifier leur voyage en train et de l’autre ils souffrent du besoin d’un coup de main salvateur et d’une compassion.

   Combien de réunions où j’ai pris la peine de me déplacer pour assister à des conférences bidon et des programmes de vitrine ou de « poudre dans les yeux » en présence de caméras de télévision et où je me rendais compte de la machination lorsqu'on nous a distribué à la fin des petits papiers avec des questions préalablement vu car marquées ainsi !

Combien, combien et combien.. ?

Et Combien d’« avis d’emploi »  s’avéraient des attrape-nigauds ! 

À ce titre combien d’annonces d’emploi publiées dans les journaux nationaux j’en ai découvert la foutaise et bien plus à maintes reprises.

Car, si ce n’est pour vous surprendre à la fin d’un entretien, pour lequel vous auriez fait un long voyage et passé un temps fou à se stresser dans la salle d’attente de votre tour, en vous annonçant que le poste servait seulement pour l’intérim de quelques mois ; c’est pour découvrir à la fin du « match », après des épreuves qui durent toute une matinée ou une journée entière à subir des tests et passer des entretiens, que c’était bidon et que, comme la loi - dans son écrit - obligeait les recruteurs à embaucher selon un processus transparent, ils trouvaient les moyens de faire souffrir leurs victimes, ceux qui sont convoqués pour faire figure de postulants, les heureux élus étant bel et bien choisis !

(à suivre..)

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