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vendredi 22 novembre 2019

4 - Tout découle de ma mémoire


      Enfin, sans notes intimes et personnelles que j’aurais mis à la marge de ma vie, tout devrait découler de ma mémoire. 
       Ma seule source. 
       Le plus naturellement du monde. 
Toutefois, aussi docile qu’elle soit la mémoire, il faut avouer qu’un chatouillement est parfois utile pour qu’elle nous livre un des souvenirs qui serait bien enfoui et dissimulé jusqu’à la limite de l’inconscient même. C’est fou ce qu’aime nous impressionner, cette entité vivante et intelligente qu’est la mémoire : elle nous expose les faits nous ayant choqués, éblouis, fascinés, et donc marqués au devant de l’étalage de sa vitrine qu’on voit automatiquement dés qu’on l’interpelle ; mais elle nous dissimule ceux qui passent sans laisser de trace, en silence, ceux qui se ressemblent jusqu’à même les confondre.
       C’est d’autant plus vrai que je serais incapable de me rappeler ce que j’ai fait des années durant. Ou du moins pendant la majeure partie de quelque année qu’elle soit à partir du moment ou je me considère tombé dans un piège, pris dans un guets-apens, sinon à suivre le même itinéraire : entre le chez moi - chez mes parents je veux dire ! -  et le Café club dont je fais mon quartier général et mon lien avec le monde aussi. 
C’est encore heureux s’il m’arrivait des déplacements qu’ils soient forcés ou agréablement planifiés et qui me changeaient de cette ennuyeuse routine. De ce fait, une expérience que j’aurais vécue intensément ou un événement bien particulier qui se serait déroulé dans ma vie ou celle de mes proches ; se confond dorénavant avec une année toute entière pour moi. Pour ma mémoire, à vrai dire.
      Mais toujours est-il que je dois me livrer au lecteur mais, nu. 
      Aussi découvert que cette envie d’écrire s’est bien acharné à m’exhiber. Incessante qu’elle est et capricieuse. C’est à peine si elle me laisse le temps de réfléchir que je me vois déjà entrain de goûter à ses délices, se moquant éperdument par quel bout commencer, ni quel ordre chronologique suivre. Tout se mêle dans ma tête et s’emballe jusqu’à m’illusionner de pouvoir écrire. 
     Mais je me connais, passionné que je suis, je n’en démords pas. Je me demande si cette envie ne serait pas en train de se transformer, maintenant que je m’y mette, en plaisir. Car, à mon enchantement, je découvre bel et bien un loisir auquel je m’adonnais alors que j’étais encore au lycée. 
     Familiarisé avec la langue française (qui nous a quand même accompagné dés la 3ème année du primaire, bilinguisme oblige, et langue d’enseignement des matières scientifiques au maroc jusqu’aux débuts des années 80 dans les établissements publiques), et fasciné par les publications d’un quotidien marocain d’expression française, de pages hebdomadaires pour les jeunes ; je tentais bien des fois ma chance. Sans être vraiment intéressé par les sujets traités, mais plutôt de voir un jour le nom de ma petite ville accompagnant mon pseudonyme au dessous de l’article. Histoire de rivaliser avec les autres, ceux qui écrivaient régulièrement et à qui, le français était acquis d’avance depuis la maternelle. Fils de cadres peut-être ayant étudié à la « mission française » ou de parents français tout simplement. 

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