Lien sponsorisé : Guide des emplois à bord des navires de croisière

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les emplois dans les navires de croisière sont variés. Voici un guide pour tout savoir sur comment postuler.

Avant de lire ....

Il était une fois un chômeur dans le "pays des chômeurs" je veux dire des "achômés" ! voilà une expression qui pourrait enrichir la francophonie puisque le mot correspondant du terme « moâttal » en arabe ou en marocain et qui veut dire « mis au chômage » ou « mis en panne » n’existe pas en français en un seul mot. Alors le terme « achômé » peut faire l’affaire en un mot non-composé qui sous-entend au chômage malgré lui ! ».
On l’a rendu chômeur !

Pour lire le récit, commencez par l'article N° 1 - Écrire pour l'Histoire

samedi 2 janvier 2021

16 - Gare à l’« image de marque » !

    Alors psychologie ou pas, en tout cas je me sentais effectivement doublé pendant plusieurs années par un des « autres » en moi. C’est d’autant plus vrai que je ne me sentais pas bien dans ma peau dans diverses situations. Un « autre » qui avait une emprise inexpliquée sur moi. C’est cet « autre » qui était gêné, en réalité, dés que je sortais de mon fief habituel et peinard ! De mon univers. C’est lui qui m’infligeait et me contraignait à donner une image plutôt ornée de moi, telle que la veut les autres, ou qu’on croit -à tort ou à travers- que la société veut. 

      Quand je pense, à l’heure qu’il est, que les semblables de l’espèce que j’étais, qui se comptaient et se comptent toujours par milliers, je ne peux que me lamenter paradoxalement, sur leur sort. Éparpillés ici et là, dans des terrasses de cafés de fortune et aux coins des rues, désœuvrés, inertes, chômeurs de leur société, ils souffrent en douceur. Entre, d’une part, l’expression d’un besoin de compassion et de coup de main salvateur qui leur sortirait de leur marasme et désastreuse réalité et, d’autre part, l’expression d’une apparence telle qu’ils se forcent de donner d’eux même; ils sont piégés! Partagés entre un «moi» réel et un «moi» apparent. C’est malheureux de le dire mais c’est à ce point que les apparences chez nous –dans l’ensemble- priment sur les réalités !

      Mais que l’on se rassure, à l’heure que j’écris et que l’écriture commence à s’adapter à moi, je ne suis plus, finalement, de ces « autres ». Ces faibles qui n’auraient même pas le courage d’avouer, en pleine discussion ou conversation improvisée dans un compartiment de train par exemple, qu’ils n’ont pas d’emploi et qu’ils chôment. Par peur d’être amenés à justifier leur voyage par train et encore en 2ème classe. D’ailleurs ce n’est même pas la peine de le préciser, depuis le temps qu’on a supprimé la classe économique -la 4ème classe comme on l’appelait ! -  alors ! Je ne sais sous quel prétexte d’ailleurs, à moins que l’on ait voulu écarter ce type de clients qui, ne pouvant payer le trajet, fuyaient les contrôleurs des « chemins de fer » en passent carrément par-dessus les wagons et mettaient ainsi leurs vies en danger ! Mais depuis quand s’intéresse-t-on vraiment à la vie des citoyens dans mon pays ? A commencer par les accidents de la circulation routière dont nous sommes devenus, à voir le nombre de victimes chaque année, des champions dans le monde. Et à finir par les corps jetés par la mer de ceux qui tentent de traverser le détroit avec n’importe quel moyen. Ces « harraga » (brûleurs), comme on les nomme péjorativement pour le reste, car accusés de « brûler » en réalité l’image du pays ! Et dont ceux qui restent vivants mais arrêtés par la garde espagnole, revendiquent en criant « buscar la vida ! Buscar la vida ! ». « Buscar la vida » : Chercher sa vie, chercher son pain ! Comme si cette vie n’aurait pas le droit d’exister dans leur pays d’origine ni ce pain d’ailleurs. Mais jusqu’à devenir insouciant de sa vie justement qu’on veut sauver. C’est aussi étrange à comprendre qu’il est devenu de mise chez les jeunes des régions les plus démunies et marginalisés du maroc, et de défit même -on dirait- que d’arriver à l’autre rive, mort ou vif. La rive du « nord », celle qui différencie les riches des pauvres de ce monde.

   Mais force est de constater maintenant, que nos trains, à les voire, sont devenus de marque, car n’est-il pas au fait le but recherché : donner la belle et séduisante image de soi à l’autre ?

     Je ne suis plus de ces « autres ». Ces gens dociles comme un troupeau qui ne regardent que par terre mais qui se surprennent et crient « Oh msakhet ! » quand ils voient des mains levées vers le haut suivant une cadence de voix bien rythmée lors d’une manifestation ou d’un sit-in dans la rue ou devant une institution ou un établissement et dont les membres réclament un droit ou expriment un malaise social. Plus encore, ils sont préoccupés par le « comment des choses » alors que « le pourquoi » est laissé plutôt pour les ... spécialistes ! A l’insu des moutons. Ceux qui notent tout, du plus petit détail jusqu’aux doléances écrite sur les banderoles passant par les slogans clamés, pour justifier un salaire la plupart du temps informel correspondant à une besogne non officielle ou par procuration, l’intéressé chargé de l’affaire ne voulant pas se faire connaître et donc se faire « griller ».

A ces « autres », à qui on a envie, nous qui sommes en plein événement  dans de pareilles situations, de les ménager en leur dirigeant le regard plutôt vers le « haut ! »

-       « lis ce qu’il y a écrit en haut ! Bon sang ! Arrête de me regarder moi, là , surpris de m’y voir parce que tu me destinait à autre chose dont moi j’ai pas idée ! Mais écoute ce que je demande ! »

Histoire de leur faire lever la tête et de là peut-être leur agrandir le champ visuel. Ces « autres » en somme, qui ne vivent que par les autres et ne trouvent ni le moyen ni l’inspiration qui devrait les diriger vers eux-mêmes.

 Manif.  ANDCM
 En pleine marche en un 1er mai en plus, jour supposé de fête et de réclamation pour tout travailleur, travailleuse ou chercheur d’emploi ; alors chômeur de ma mentalité mais militant dans une association de demande de droit au travail appelé « ANDCM » (voir dédicace) , et arrivé à hauteur d’un café bondé comme d’habitudes par une majorité de ces « autres », je m’assoiffe et je demande gentiment au garçon un verre d’eau. Le gentilhomme s’en va en chercher un mais non sans bouder : « ils arrêtent pas de crier.. maintenant ils veulent boire ! ». Après avoir ingurgité ce verre, je lui demande calmement : « Depuis quand tu travailles ici ? .. On se connaît pas c’est vrai je fréquente rarement ce café ! .. Aucun problème avec le patron ? .. Payé à la quinzaine ! Parfait ! T’es affilié à la CNSS (caisse nationale de sécurité sociale) ?", "Oui heureusement" qu’il me répond ! "Ben alors réfléchis et tu me diras la prochaine fois ! Ce n’est pas grâce à des gens qui « crient dans la rue ?! » que t’as « la caisse » ?"

 Le dialogue continue :

-       «  Ils veulent tous avoir un travail décent et bien payé mais alors qui ferait cordonnier, menuisier, éboueur, .. » Fait remarquer notre garçon.

-       « .. voyou, délinquant, voleur et agresseur la nuit tombée !» : ironique, je continue la liste dans le même sens d’idées « ... et qui  n’auront de mise que d’agresser le soir sur le chemin du retour chez eux, des gagne-pain qui se trouvent à leur portée, comme par exemple cireur, vendeur de cigarettes au détail et garçon de café entre autres ! C’est-à dire des gens scrupuleux mais qui n’ont pas eu l’opportunité de faire des études » 

      Un tel esprit cherche à expliquer le malaise vécu en lui donnant des raisons d’être quitte à accepter sa condition de vie, faute d’éducation et d’enseignement et donc de connaissances, trois dilemmes dont souffre notre système éducatif et encore quand il est disponible ! 

 brûleurs des têtes de moutons
Changer une mentalité pareille équivaudrait à « faire griller la tête du mouton » tel qu’on le fait dans la culture locale le jour de sa fête. La « fête du mouton » je veux dire ou l’ «Aid el kebir» comme diraient nos amis francophones. Car, ce jour-là les bonnes femmes, entre autres tâches qu’elles font et dans le but de faire brûler les poils de la tête de la bête une fois égorgée, se consacrent à un travail bien ardent en préparant de la braise, des bûches bien sèches et un soufflet puissant si tel est le but d’arriver à faire calciner les poils de ce bout de chair et d’os. D’ailleurs il se trouve que la tête de l’animal ainsi calcinée donne l’apparence d’un sourire sous l’effet de l’étirement de la peau et la découverte de la denture. Le dicton « Une tête ne sourit que cramée !» n’est-il pas bien de chez nous ?  

D’ici là, j’ai peur qu’il nous en faille énormément d’effort, de ressources et de temps pour renverser la situation et changer cette manière de pensée bien ancrée.

 Ces « autres », malades à l’idée de savoir que les autres les jugent à leur juste et vraie valeur mais non à l’image qu’ils s’efforcent de donner d’eux-mêmes.  

                                                                                 

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