Méthode CORAIL pour trouver un emploi

mercredi 20 novembre 2019

1- Écrire pour ...


      Il y’a longtemps que l’envie d’écrire me chatouille, ce désir irrésistible de traduire en mots ce qu’on ressent, ce qu’on vit, ce qui nous porte à croire, en somme, que l’on est différent parce qu’il nous est arrivé de vivre des situations que les autres n’ont pas connu ou trouveraient inhabituelles à connaître. 
Envie d’écrire oui, mais écrire quoi au juste et pourquoi? C’est étrange, à chaque fois que je m’y applique, crayon en main et fortement motivé par ce que je ne saurais parfaitement décrire, les idées qui pourtant se bousculent à l’instant dans ma tête à en déborder, s’échappent d’un coup et me laissent affronter mon destin face à ce que je m’illusionne de traduire.
        C’est vrai que j’ai toujours été fasciné par ces romanciers qui ont le don de nous mettre dans le décor aussi réel qu’imaginaire de leur écrit, tant ils excellent dans la description des faits et des panoramas de leurs histoires qu’on s’y croit dedans. A mon sens, la créativité chez ces auteurs ne réside pas dans leur capacité à inventer des histoires autant qu’elle se manifeste dans leur description à la fois raffinée et perceptible par le simple lecteur.
        Or, Mes idées à moi ne sont guère à créer ni à imaginer, mais nées bel et bien sous le joug de mon vécu, de ma condition de vie et de mon milieu, bref de ma vie de chômeur – chômeur malgré lui - et pourtant je suis contraint à leur donner la forme et la couleur telles que je les perçois, telles que je les visualise tant elles me collent à la peau jusqu’à influencer ma vision des choses et particulièrement mon jugement sur divers autres phénomènes de notre société. De là, à les transmettre, et encore fidèlement au lecteur, c’est une autre histoire.
        Mes idées à moi ont un goût aussi. 
      Celui de l’amertume. Tel un vin savoureux qu’on déguste en plein bonheur ou un apéritif aussi doux à ingurgiter qu’on s’y donne volontiers juste pour se griser un peu la tête, sauf qu’on se découvre aussitôt après, éméché pour finir étourdi et carrément désorienté. Tellement le vin était truqué !
        Ecrire pour parler de mon gouffre ou j’étais englouti des années durant ?
     Ou plutôt de mon adaptation lente mais progressive et donc sure, à un rythme de vie ou je semblais me complaire ? Une famille solidaire et compréhensive à bien plus des égards et une petite ville apparemment calme mais morte et loin des zones économiquement utiles. Deux conditions significatives et dans lesquelles cette complaisance trouverait bien le prétexte pour perdurer et s’épanouir. Car si d’un coté, on assimile tant bien que mal, des dépenses quotidiennes - argent de poche en quelque sorte - nécessaires pour la ration journalière de la nicotine, de la caféine et d’un journal ou l’on souhaite trouver un jour une annonce sérieuse d’un emploi ou d’un concours ; de l’autre on est contraint à rester sur place et guetter de loin les informations d’éventuels recrutements issues des grandes villes, tellement les déplacements sont coûteux.

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