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jeudi 21 novembre 2019

3 - Écrire pour l'histoire

    Ainsi donc je me livre au lecteur en donnant libre cours à mes pensées et mon récit sans avoir sous la main un agenda ou un livre personnel de ceux qu’on a l’habitude d’écrire à un certain stade de notre vie. Un livre qui serait plein de noms de personnes ou de lieux, d’événements ou de dates. D’ailleurs si j’avais cette habitude je l’aurais certainement fait et assidûment, du moins durant des événements marquants de mon pays et de ma localité dont j’étais au cœur ou de circonstances qui auraient pu être prévisiblement prépondérantes dans ma vie.
      C’est encore heureux si je conserve quelques livres de mes études à l’université et quelques programmes dont je pensais faire ma spécialité d’avenir. En réalité je ne dispose que d’un patrimoine constitué de divers documents que j’ai glanés au fil des jours, depuis mes premières confrontations avec les réalités déplorables du marché de l’emploi au Maroc. Un grand cartable bien rempli de lettres de correspondances, d’articles de journaux, d’idées de projets morts nés, de convocations et des reçus de dépôts de candidature, des rapports de stages et de quelques expériences bien limitées, etc... 
        En plus de quelques livres bien sur.
      Mais qui aurait imaginé qu’un jour il serait tenté ou incité à écrire de lui même, ne serait-ce que d’une partie de sa vie parce qu’il se serait rendu compte qu’au fait, il a vécu une expérience digne d’être raconté sinon dans son propre pays, pour le monde entier ?
      Qui aurait eu assez de courage, un courage supplémentaire de celui dont on use déjà pour affronter le quotidien de sa vie de chômeur, pour enregistrer des jours qui se suivent et se ressemblent ?
® http://www.chomeurdemonpays.info
      Même en pleine détresse je ne l’aurais jamais fait.
Conscient que j’étais que seul le moyen permettant un gagne-pain, puisse susciter un intérêt. Dignement je m’entends. C’est dire à quel point le pain, condition vitale mais auquel l’on ne peut atteindre sans mobiliser des moyens matériels, peut primer des fois sur l’esprit, autre condition vitale mais nourrie de valeurs morales.
      C’est dire autrement aussi que le fait d’écrire pour uniquement écrire, s’il ne semble pas utile dans les circonstances du moment et de l’époque, peut s’avérer décisif pour l’histoire. Qu’elle soit personnelle ou collective. Car cet ensemble d’événements qui est l’Histoire et dont l’Homme, contraint ou volontaire, est le chef d’orchestre, est indissociablement lié à la notion du temps. Donc devient intraitable, non rattrapable et non rectifiable sinon dans un autre contexte. Irréversible, le temps nous empêche en effet de revoir nos actions pour rectifier nos éventuelles erreurs du passé. Plus encore, le temps dans son évolution joue à doubles faces: Aussi incessamment inflexible qu’il nous stresse à nous décider et à agir face à des situations, le temps devient paradoxalement souple pour conditionner justement notre vision à notre histoire. Ainsi il semble tantôt rétréci, pour nous apprendre qu’une telle action ou tel démarche fut trop exalté qu’il ne le fallait ; tantôt dilaté pour nous rendre compte de la grossièreté d’une erreur ou exaction qu’on croyais plus infime.

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